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Les 5 propositions de valeur de l'XD

pour aider les entrepreneurs à se focaliser sur les problèmes

12 janvier 2026


Entrons dans les détails pour expliciter les différences entre le programme eXtrême Défi Mobilité et les véhicules intermédiaires tels qu’ils sont aujourd’hui. Le programme XD pourrait être vu comme une infrastructure pour aider les entrepreneurs à se focaliser sur les problèmes à résoudre et accélérer l’exploration des marchés potentiels pour des petits véhicules électriques. Là où il y a encore la voiture (d’occasion) et où il n’y a pas (encore) de vélo, ni de transports en communs.

Analyse : A. Bigo, F. Perez, Les pratiques de mobilité des Français, 05/11/2024

Les problèmes sont connus et détaillés dans tous les rapports et feuilles de routes : incapacité à atteindre les objectifs d’émissions de CO2, dépendance à l’automobile (pétrole) d’occasion d’une grande partie de la population consommant 15 à 20% du budget des ménages les plus précaires, dettes croissantes sur les coûts de maintenance et d’entretien des routes notamment secondaires, etc.

Néanmoins, comme l’a très bien détaillé Philippe Méda dans son post

Les marchés n'évoluent que lorsqu'une solution efficace s'impose au problème, et ce, non seulement pour les passionnés et une poignée de clients militants, mais pour tous les autres ! […] Tout système "véli" entrant aujourd'hui sur ce marché n'est pas précoce. Il est en retard, en concurrence avec des solutions profondément intégrées (comme le vélo), et devra admettre que sauver la planète sera un effet secondaire d'une optimisation cruciale qui reste à réaliser.

Et Philippe de proposer 5 objectifs « vitaux » que tous les entrepreneurs devraient lire et relire, pour, peut être, entrer dans un marché fût-il de niche :

  1. Cessez de vous présenter comme une alternative morale. Les marchés n'achètent pas la vertu ; ils achètent des résultats.
  2. Identifiez les clients souffrant de problèmes aigus, et non ceux ayant des besoins abstraits. La « mobilité urbaine » n'est pas un client.
  3. Gagner de façon décisive sur un seul plan. Pas un peu mieux. Dix fois mieux.
  4. Acceptez que de nombreux cas d'utilisation ne nécessitent pas de nouveau véhicule. Bien souvent, la bonne réponse est : le vélo a déjà gagné.
  5. Sortez des sentiers battus du produit. L'infrastructure (ou son absence) anéantira la plupart des initiatives et sera la plus lente à évoluer, quoi qu'il arrive.

Le programme XD Mobilité a été conçu pour aider les entrepreneurs à se focaliser sur un problème à résoudre. Le programme apporte un ensemble cohérent de ressources organisées comme un volant d’inertie pour que chaque projet de véhicule, chaque expérimentation viennent alimenter les autres et les suivants pour raccourcir le temps d’acquisition des retours du marché et finalement réussir à identifier les clients souffrant de problèmes aigus et leur proposer des solutions dix fois meilleures.

Le programme construit 5 propositions de valeurs qui s’alimentent et se renforcent mutuellement pour aider au mieux les entrepreneurs des projets actuels et pour maximiser les chances de succès des prochains :

1. Mieux connaître votre problème et Raccourcir le temps d’acquisition des retours du marché : 3 mois pour avoir des retours qualifiés sur 5 cas d’usages et contextes différents :

  • Des échanges réguliers et organisés entre les constructeurs, les utilisateurs et les territoires,
  • +20territoires organisés pour accueillir des prototypes validés, créer les conditions favorables et explorer +20 cas d’usages B2B et B2C, avec un guide méthodologique
  • Des études de marché mutualisées,
  • Un cadre d’expérimentation en préparation pour expérimenter des véhicules avantl’homologation complète,
  • Des méthodes d’évaluation et données d’usages qualifiées et partagées : https://30veli.fabmob.io/ et des outils comme https://www.mobilitywidgets.com/extreme-defi/embed

Les expérimentations et déploiements permettent de valider des hypothèses de marché, améliorer les véhicules, renforcer les réseaux de distribution/maintenance et travailler avec les assureurs et financeurs. Ces informations viennent alimenter en entrée les constructeurs
pour la phase précédente : quel problème cherchez vous à résoudre dans le marché ?

2. Raccourcir les temps d’idéation,conception, prototypage : 6 mois pour avoir des premiers prototypes et quelques semaines pour itérer sur des versions

  • Pour ne pas refaire les erreurs précédentes, ne pas "réinventer la roue", il se construit une Base de connaissance de tous les projets, définitions techniques, échanges avec les constructeurs (wiki, forum),
  • Contacts de prototypistes ayant déjà réalisés des composants, des véhicules, liste de composants sur-étagères,
  • Moyens d’essais et pistes d’essais pour valider les composants et véhicules prototypes,
  • Ateliers à distance et présentiels réguliers pour construire et échanger,
  • Développement de composants mutualisés et des sous-ensembles comme le skateboard,

Chaque projet est documenté, vient renforcer la base de connaissances et aider les suivants. Le nombre de projet dans les phases d’idéation, prototypages permet d’ouvrir au maximum les options en terme de design, matériaux, procédés industriels, de marchés et de lancer le volant d’inertie. Les prochains projets peuvent maintenant s’appuyer sur ces ressources pour gagner du temps, réduire les besoins financiers et, si nécessaire, solliciter des aides publiques au niveau régional, national (BPI, AnR, ADEME) et européen. Tous les nouveaux projets pourront bénéficier de ces acquis et devront les alimenter à leur tour. Même si le projet reste au stade prototype, une grande partie des livrables est utilisable pour ne pas refaire et pour progresser.

3. Industrialiser et dérisquer l’investissement privé : Là aussi, il s’agit de réduire les délais et les risques pour financer l’industrialisation

  • Les banques refusent de financer le leasing (LOA/LLD) des vélis car elles ne connaissent pas leur valeur de revente dans 3 ans. L’XD engage un travail sur un fond de garantie sur la valeur résiduelle avec des partenaires financiers permettant de proposer des solutions de location, leasing, abaissant ainsi les barrières à l’expérimentation des marchés,
  • Travail également sur un fond XD Capital pour mutualiser et accélérer les investissements privés,
  • Réduire les besoins de financement avec un système productif principalement basé sur de l’assemblage de sous-ensembles versatils et composants standardisés au maximum,
    dans des usines de taille modeste, réplicables selon les besoins et permettant d’assurer des fonctions de reconditionnement au plus près des utilisateurs.
  • Agrégation de la demande dans une phase de déploiement 2026 et commande publique des premiers véhicules. Il s’agit de soutenir la constitution d'une flotte d’environ 300 véhicules destinée à être louée à des clients B2B. Cela permet aux constructeurs de franchir un cap industriel (passer de l'unité à la pré-série) grâce à un volume de commande, tout en laissant la gestion opérationnelle à un opérateur tiers.

Les différents projets ayant atteints ce stade et les retours des marchés visés viennent rassurer les investisseurs publics et privés pour participer au financement des phases d’industrialisation. D’une part en réduisant les besoins d’investissement grâce à la mutualisation des composants et sous-ensembles principaux et d’autre part, en intégrant les vélis dans des commandes publiques (via l’UGAP notamment), il s’agit ici de réduire les risques pour le passage à l’échelle.

4. Guider la conception et bien ciblerles aides à l’achat

  • Un score environnemental intégrant la réparabilité est en construction pour orienter les constructeurs vers des véhicules éco-conçus, réparables avec un très faible coût kilométrique. Ceci permettra de donner des informations aux clients, également de renforcer des réseaux de maintenance et reconditionnement locaux. Ce critère du score environnemental pourra être intégré à la commande publique, pour favoriser les projets vertueux (légers, durables) et écarter les effets d'aubaine pour des véhicules importés ou peu performants,
  • Un GT interministériel pour intégrer plus rapidement les vélis dans les différents contextes, créer un cadre d’expérimentation et travailler sur des temps plus longs sur les infrastructures, code de la route pour l’accès aux voies rapides des véhicules L7 par exemple et évolutions réglementaires.

L’action publique se cible sur ces étapes pour minimiser les aides à l’achat vers des véhicules à hautes performances environnementales et réparables.

5. Ecosystème et marketing pour faire connaitre, inviter de nouveaux industriels et clients à essayer les vélis :

  • Créer les conditions pour faire essayer ces véhicules à toutes les cibles, tous les territoires,
  • Montrer par l’exemple les cas d’usages intéressants et réussis dans le tourisme, la santé, les collectivités, etc
  • Fédérer une filière industrielle en émergence avec AVELI et LEVA au niveau EU

La mise en situation des vélis chez les clients reste le meilleur moyen pour réussir à les développer. Cela nécessite de les « donner à voir » par différents canaux, faciliter les essais d’une heure, une journée, un mois.

Ces 5 étapes ont été construites pour aider les projets existants mais également les équipementiers et autres partenaires comme les territoires. Elles se renforcent et pourront rapidement être prises en charge par les acteurs eux-mêmes, limitant au maximum le rôle des acteurs publics. En 2026, les prochaines étapes devraient se focaliser sur un déploiement de plusieurs centaines de vélis en ciblant les clients B2B dans la logistique, les flottes d’entreprises et collectivités, les secteurs du tourisme, de la santé ou encore la mobilité inclusive.